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Un patron soupe-au-lait

Un patron soupe-au-lait - Sophie Burelle

Encore une fois, mon patron vient me voir, et éclate parce que j’ai fait une gaffe. Bon, cette fois-ci, il a raison d’être fâché, mais il exprime le même niveau de colère, même si je fais une petite faute de frappe dans un courriel qui doit être envoyé à un client… Ce dernier n’ayant même pas remarqué la petite faute, d’ailleurs. Et qui n’aurait pas arrêté d’acheter chez nous, parce que je fais une petite faute une fois de temps en temps.

Maintenant, mon patron, la figure toute rouge, exige que je contacte la compagnie de livraison de colis. Il insiste que je fasse une recherche approfondie avec eux, ainsi qu’avec Stéphane, qui travaille dans le département des envois et de la réception de colis. Ce n’est pas lui qui aurait rempli le bon d’envoi pour la cassette vidéo de la publicité du client de Peter, mais il connaît peut-être mieux que moi, la personne qui serait en charge des colis perdus.

Après des heures et des heures de tentative de retrouver ledit colis, en fouinant parmi toutes nos copies de bons d’envoi, et après avoir discuté longuement avec la compagnie de livraison, et avec le client, je déclare que j’abandonne. Bien sûr, c’est choquant, mais si la compagnie de production de vidéo n’a pas gardé une copie de la publicité, elle est coupable elle aussi. Je ne prendrai pas entièrement le blâme, surtout que c’est la première fois depuis le début de ma carrière, il y a environ douze ans, que je perds un colis. Je suis humaine, rien de plus. On ne peut pas s’attendre à la perfection absolue.

Mais, Peter n’accepte pas du tout mon choix d’arrêter de chercher, et il refuse catégoriquement de rappeler les producteurs de la publicité. Je lui annonce que j’ai fini de chercher, alors s’il ne fait aucune autre démarche, son client n’aura tout simplement pas sa copie de la vidéo. Je le regarde pendant qu’il devient pourpre et, ne sachant plus quoi me dire, il retourne à son bureau. Tant mieux. Je n’ai pas besoin d’endurer un patron comme lui.

Je reviens à mes propres tâches et je me dis, c’est le temps de me trouver un nouvel emploi. Je ne veux plus endurer un patron comme celui-là. C’est trop ; l’abus verbal n’est pas bon pour le moral, et je suis souvent épuisée quand je rentre à la maison. Oui, ce serait mieux pour tous. Mes enfants seront sûrement soulagés de savoir que je prends soin de moi mieux que ça.

À propos de l’auteur :

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Je suis une passionnée de lettres. J'aime lire, et surtout, j'aime écrire. J'ai eu envie de créer ce blog pour vous faire part de mon quotidien. Pour vous parler un peu de ma vie, mais aussi, de la vie de ceux et celles que j'aime. De ces gens que j'ai le bonheur de côtoyer sur une base, quasi-quotidienne. J'espère que je saurai vous donner envie de me suivre. Bonne lecture !